6. Hop Hop Hop la joie des mouvements de vie

Hop Hop Hop les coulisses du livre 

En 2007 j’ai choisi de quitter une profession « socialement scintillante » que j’exerçais depuis vingt ans pour me consacrer pleinement à l’écriture et dans la foulée, ouvrir un bureau de création éditoriale. Ce « bureau des mots beaux » m’a permis d’inventer mon métier, mais il a été surtout le lieu où j’ai appris à cultiver le concept de « se sentir à sa juste place ».

En 2015, a surgi, quelque chose que je savais avoir en moi mais que j’avais mis de côté, comme on le fait parfois, quand « ça n’est pas le bon moment » : un besoin d’écouter l’autre sans donner mon avis, juste l’écouter, retracer ses propres mots sans les déformer, l’accueillir avec ses difficultés, ses contradictions, ses conflits internes ; peut-être même, avoir le sentiment de l’aider à avancer. Évidemment, à ce moment-là, c’était purement instinctif et je n’avais aucune technique concrète à apporter. J’ai alors cherché « quoi être d’autre » qu’écrivaine, mais il fallait que cela s’inscrive dans une continuité, que cela me ressemble. Conseillée par une amie sage-femme, elle-même devenue sophrologue, mes pas m’ont menée vers la sophrologie, même si j’ignorais encore à ce moment-là, ce en quoi consistait véritablement cette méthode et « ce que ça me ferait vraiment de la pratiquer ». Lorsque j’ai poussé la porte de mon école de formation, mon cœur battait à un rythme inhabituel, j’avais cette sensation vaguement déstabilisante de retomber en post-adolescence, à l’heure des choix de vie ! Et cela en était bien un, même si pour me faciliter la démarche, je m’étais persuadée que, en entamant cette formation je ne m’engageais pas vraiment.

J’ai découvert que mettre un pied dans l’univers de la sophrologie, c’est s’engager. Cette décision fut en réalité, un chemin de découvertes, de rencontres, de partages, d’expériences et d’énergie de travail.

Depuis 25 ans, j’écris des livres de prose poétique, notamment destinés aux enfants. À l’époque, je n’avais pu le comprendre, mais dans chacun de mes livres, souffle un vent de sophrologie. Devenue sophrologue, je suis restée écrivaine et c’est dans la vastitude de ces métiers réunis qu’aujourd’hui je marche. L’univers des mots s’est élargi à l’univers du corps et à toutes ses possibilités ; l’univers du corps s’est ouvert à l’univers des mots et à toutes ses possibilités.

Hop Hop Hop je grandis est mon premier livre de sophrologie destiné aux enfants. Ces 52 sophro-comptines illustrées par Marie Poirier ont été un exercice acrobatique, exigeant et jubilatoire.

Avoir deux métiers n’est pas vraiment le fruit du hasard. Très souvent, c’est que l’on porte plusieurs désirs irrépressibles en soi. En général, c’est un engagement à travailler deux fois plus, mais aussi, une garantie d’être deux fois plus satisfait•e de ce que l’on réalise (quand on est satisfait•e). Et, quand les deux métiers ont un lien, même ténu, quand ils peuvent s’exercer avec un trait d’union, cela donne un sentiment de liberté supplémentaire.

Puisse « Hop Hop Hop je grandis » susciter auprès des enfants l’envie de devenir des adultes pluridisciplinaires.

 

capable