C’est la cliente ou le client qui sait

En sophrologie c’est toujours la cliente ou le client qui sait ce qui est bon pour elle ou pour lui. Lorsque j’intègre cela à ma pratique de sophrologue, je peux commencer à lui transmettre quelque chose d’utile.

Dans ma pratique, je vais accompagner la personne pour elle découvre justement qu’elle seule, sait ce qui lui convient et quelles stratégies elle va mettre en place pour y accéder. C’est pourquoi, plutôt que de proposer un protocole prêt à consommer, la première chose que je fais est de me fondre dans sa demande.

Quel que soit le sujet de la consultation, voici les points de vigilance :

Même si c’est sa 10e séance, je m’attèle à la rencontrer comme si c’était la première fois car c’est toujours une première fois. Je ne fige pas cette personne dans un cadre. Je ne pourrai jamais prévoir sa façon de se poser sur ce même siège lors d’une prochaine séance, et tout comme j’ignore comment elle sera vêtue, j’ignore de quoi seront faites ses pensées, dans quel état physique et émotionnel elle sera et ce qu’elle attendra en particulier de sa séance ce jour – là. Je me fonds dans le regard perpétuellement neuf et sans préjugé que j’ai d’elle.  

Je prends note de ce qu’elle me dit et je scanne ce qui me semble être essentiel à la séance du jour. Si c’est une première séance je lui propose de formuler un objectif concret en prenant soin de lui expliquer que cet objectif est mouvant. Je reformule à voix haute ce que j’ai entendu afin qu’elle-même entende ce qu’elle vient d’énoncer. Si c’est un suivi, je lui propose de dire « à quel endroit » elle se sent dans son objectif. Je me fonds dans sa demande particulière. 

Mon objectif premier n’est pas de décrypter la source de ses conflits internes et de les interpréter mais de l’aider à ne plus ressentir le mal-être là où il se situe. C’est en travaillant sur le « là où c’est » et le « qu’est-ce que je ressens » que la personne elle-même fera un travail d’approche subtil des origines de ses difficultés. Je me fonds dans la nature même de son mal-être à l’instant présent. 

Et enfin, je mène ma consultation en essayant d’oublier momentanément ce que je sais de l’enseignement. Oublier, signifie mettre mes acquis de côté pour laisser la place à mon attention, à ma perception toute entière. Au moment où la personne exprime sa demande, je ne pense pas au type de séance que je vais lui proposer pour lui fournir une recette, mais plutôt, je lui prête une attention accrue, je la regarde dans les yeux, j’observe sa posture, sa manière d’être installée, sa gestuelle, j’écoute son langage, les mots qu’elle dit ou ceux qu’elle ne dit pas, un grattement de gorge, un silence, une toux, un petit rire, une respiration calme ou saccadée… Ce temps d’observation m’informe sur la façon dont je l’aiderai à accueillir ce qui lui pose problème et qui aujourd’hui fait partie de sa vie. Je me fonds dans sa manière de se rendre visible. 

Le travail peut alors commencer dans l’alliance. Je vais transmettre à mon client, à ma cliente les techniques les mieux adaptées à sa situation, à son état du moment, à sa manière d’évoluer dans son existence, à sa manière de voir les choses et de les vivre… C’est en me fondant dans sa demande que je vais lui transmettre les clés sophrologiques de son autonomie. 

Texte largement adapté de mon article publié par Sophrologie Pratiques et perspectives n°26 « Je suis sophrologue mais je ne peux rien à faire à votre place ». 

Marcella sophrologue Paris 15e

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